Poésie surréaliste
Avec le surréalisme, la poésie de Desnos s'amuse à des jeux verbaux, à la manipulation du langage :
Quelques aphorismes de Rrose Sélavy :
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Rrose Sélavy inscrira-t-elle longtemps au cadran des astres le cadastre des ans ? |
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Si le silence est d'or, Rrose Sélavy abaisse ses cils et s'endort. |
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Mieux que ses seins ses bas se tiennent. |
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Beaux corps sur les billards, vous serez peaux sur les corbillards ! |
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Rrose Sélavy au seuil des cieux porte le deuil des dieux. |
(1922 - publiés dans Corps et biens, 1930)
Idéal maîtresse (extrait):
Dans l'escalier je la rencontrai. "Je mauve", me dit-elle et tandis que moi-même je cristal à pleine ciel-je à son regard qui fleuve vers moi.
[...]
Eh quoi, déjà je miroir. Maîtresse tu carré noir et si les nuages de tout à l'heure myosotis, ils moulins dans la toujours présente éternité.
(1923, Langage cuit)
Un jour qu'il faisait nuit (extrait):
Tout rien.
Je la hais d'amour comme tout un chacun.
Le mort respirait de grandes bouffées de vide.
Le compas traçait des carrés et des triangles à cinq côtés.
Après cela il descendit au grenier.
Les étoiles de midi resplendissaient.
(1923, Langage cuit)