Chronologie

1900 Naissance de Robert Desnos le 4 juillet au 32, boulevard Richard-Lenoir à Paris. Il est le second enfant de Lucien Desnos, mandataire aux Halles et de Claire Guillais. Robert Desnos a une soeur, Lucienne.
1902 Les Desnos déménagent au 11, rue Saint-Martin. Ce quartier marquera Desnos et il en fera souvent mention dans ses œuvres.
1905 Desnos va à l’école laïque.
1911 Desnos fait sa première communion en l’église Saint-Merri.
1913 Les Desnos déménagement au 9, rue de Rivoli. Cette même année, Robert Desnos obtient le certificat d’études et entre à l’école Turgot pour des études commerciales souhaitées par son père.
1914 À l’été, Desnos fait un séjour linguistique en Angleterre, dans le Kent.
1916 Desnos obtient le brevet élémentaire et décide d’arrêter les études pour se lancer dans la littérature. Son père le met alors en demeure de subvenir lui-même à ses besoins. Ce sera le début d’une série de petits emplois.
1917 Desnos se lie avec des jeunes gens de tendance anarchiste passionnés d’art et de littérature : Henri Jeanson, Armand Salacrou, Georges Limbour et aussi Rirette Maitrejean qui fut impliquée dans l’affaire de la "Bande à Bonnot".
1918 Desnos est reconnu bon pour le service militaire. Cependant, la guerre s’achève sans qu’il soit appelé sous les drapeaux. C’est également pendant cette année qu’il commence à publier, comme dans La tribune des jeunes. Le poète Louis de Gonzague Frick le soutient dans ses découvertes littéraires.
1919 Il devient secrétaire de Jean de Bonnefon, journaliste et écrivain. Cet emploi lui permet entre autre de découvrir les livres de la riche bibliothèque de son patron. Desnos écrit les poèmes de Prospectus et découvre le mouvement Dada.
1920 Desnos est affecté au 109e régiment d’infanterie à Chaumont. En août, il est nommé caporal. Pendant ce temps, la revue Le Trait d’union publie Le fard des Argonautes.
1921 Au cours d’une permission, Desnos rencontre André Breton par l’entremise de son ami, Benjamin Péret. Cependant, le contact ne s’établit pas. En mai, il est affecté à la 12e compagnie du 13e régiment des Tirailleurs algériens et il embarque pour le Maroc.
1922 Le sergent Desnos ayant reçu son certificat attestant de sa bonne conduite, rentre à Paris. Il s’installe dans une chambre de bonne au 9, rue de Rivoli, même immeuble que celui occupé par ses parents. Il trouve un emploi au Cercle de la librairie, boulevard Saint-Germain, comme commis expéditionnaire. Puis il entre à la Librairie Baillière, spécialisée dans la rédaction médicale.
Cette même année, Desnos intègre le groupe Littérature où il expérimente l’écriture automatique avec Nouvelles Hébrides. En septembre, sous l’initiative de René Crevel, débute les expériences de sommeil hypnotique. Desnos y tiendra une place prépondérante. C’est lors de ces expériences qu’il profère les aphorismes de Rrose Sélavy.
1923 Fin des séances de sommeil hypnotique mais Desnos continue ses explorations langagières avec L’Aumonyme et Langage cuit. Il collabore également à La Vie Moderne et à Paris-Journal en tant que critique littéraire et cinématographique. Et, répondant à une demande du couturier et mécène Jacques Doucet, il constitue un dossier intitulé De l’érotisme.
En octobre, il entre à Paris-soir. Il est le caissier du journal fondé par Eugène Merle, avant d’y devenir rédacteur.
1924 Desnos participe à plusieurs publications et événements des surréalistes. En juillet, dans Le Journal littéraire, André Breton déclare : « Le surréalisme est à l’ordre du jour et Desnos est son prophète. » Dans le Manifeste du surréalisme qui paraît le 15 octobre, Breton insiste sur le rôle de Desnos au sein du groupe, celui qui parle surréaliste à volonté.
En octobre, il entend pour la première fois la chanteuse Yvonne George dont il tombe éperdument amoureux. Toutefois, cet amour ne sera jamais partagé, Desnos devant se contenter de l’amitié de la chanteuse. Il lui consacrera des articles enthousiastes dans ses critiques musicales.
Le premier livre de Desnos, Deuil pour deuil, paraît en décembre.
1925 Desnos poursuit ses activités avec les surréalistes. Il obtient aussi sa carte de rédacteur à Paris-Soir. Durant cette année, Desnos se liera particulièrement d’amitié avec Antonin Artaud.
Le scénario de Minuit à quatorze heures est publié. Il rédige trois Livres de prophéties et expérimente le dessin automatique.
1926 Desnos déménage au 45, rue Blomet dans l’atelier où s’était installé le peintre André Masson. Cet atelier est tout près du Bal Nègre et est situé en plein cœur de Montparnasse.
Il publie C’est les bottes de sept lieues cette phrase "Je me vois " avec quatre eaux-fortes d’André Masson. Il écrit les Poèmes à la mystérieuse inspirés par sa passion pour Yvonne George.
À partir de novembre, il tient le Journal d’une apparition. En décembre, il devient rédacteur au journal Le Soir.
1927 Desnos est rédacteur au nouveau journal d’Eugène Merle, Paris-Matinal. Desnos décide de ne pas suivre plusieurs des surréalistes qui annoncent leur engagement au Parti communiste. Il écrit Les Ténèbres et achève une première version de The Night of loveless nights. Il publie La Liberté ou l’amour !
1928 Desnos part pour Cuba au Congrès de la presse latine qui se tient à La Havane. Lors de son séjour, il découvre la musique cubaine et la rumba et fréquente les jeunes révolutionnaires. De retour en France, il ramène avec lui Alejo Carpentier qui fuit la dictature de Machado.
La liberté ou l’amour ! est censuré et condamné à paraître amputé de certains passages jugés licencieux ou anticléricaux. En mai, est projeté un film réalisé par Man Ray à partir d’un poème et d’un scénario de Desnos, L’Étoile de mer.
En juin a lieu le dernier gala de Yvonne George. Desnos y rencontre le peintre japonais Foujita et sa femme, Youki, de son vrai nom Lucie Badoud. Desnos se lie d’amitié avec le couple.
En août, il publie La Place de l’Étoile dans le quotidien Le Soir.
1929 En mars, André Breton et Aragon organisent une réunion pour discuter de l’engagement de certains membres du groupe surréaliste face à l’action collective et politique. Desnos ne se rendra pas à cette rencontre et prend parti pour les exclus.
Il publie Les Mercenaires de l’opinion dans la revue Bifur de Georges Ribemont-Dessaignes et il publie chaque mois dans la revue de Georges Bataille, Documents.
En décembre, dans le Second manifeste du surréalisme, Breton procède à diverses exclusions dont celle de Desnos.
1930 Les exclus du mouvement surréaliste publient un pamphlet extrêmement violent, Un cadavre. Puis, Desnos poursuit la polémique en publiant le Troisième manifeste .
The Night of loveless nights est publié avec trois illustrations de Georges Malkine.
En avril, Yvonne George meurt à Gênes à l’âge de 33 ans.
Corps et biens est mis en vente avec un prière d’insérer polémique.
En août, Desnos part en Bourgogne avec ses amis Foujita. Il en fait le récit dans Voyage en Bourgogne. Il écrit les poèmes de Youki 1930 poésie. Pour faire face aux difficultés financières provoquées par la crise de 1929, il trouve un emploi de gérant d’immeubles. Son activité journalistique est en veilleuse.
1931 En janvier, mort de la mère de Desnos. En avril, il achève Siramour qui sera publié à l’été.
En avril, il loue un appartement au 6, rue Lacretelle. À la fin octobre, suite au départ définitif de Foujita qui lui confie sa femme, Youki emménage avec lui.
1932 Desnos continue à écrire pour Youki. Les Écrans de France lui commande les « lyrics » du film Panurge.
En novembre, il offre à sa compagne Le livre secret pour Youki. Il offre également aux enfants de Lise et Paul Deharme Le Parterre d’Hyacinthe et La Ménagerie de Tristan, poèmes illustrés de sa main. Il rédigé également un testament en faveur de Youki Foujita.
1933 Desnos aide les Jeunes révolutionnaires cubains à rédiger une brochure intitulée La Terreur à Cuba dénonçant la dictature de Machado. En novembre est diffusée La Grande Complainte de Fantômas, composée par Desnos, sur les ondes de Radio-Paris. C’est un succès. Il assure Les Éphémérides radiophoniques dans l’émission quotidienne La Vie pratique, toujours sur Radio-Paris. Il devient rédacteur publicitaire et radiophonique à Information et Publicité pour Radio-Luxembourg et le Poste-Parisien.
1934 Desnos adhère à « Front commun » mouvement créé pour riposter au fascisme. Il rédige le chant de ralliement du mouvement et écrit dans La Flèche, sa tribune.
Il rédige des publicités radiophoniques pour les produits pharmaceutiques gérés par Armand Salacrou : la Marie-Rose pour les poux, le Vermifuge Lune, le Vin de Frileuse, etc.
Les Sans cou paraissent en édition hors commerce avec deux eaux-fortes d’André Masson.
Desnos et Youki emménagent au 19, rue Mazarine.
1935 Desnos adhère à l’Association des Écrivains et Artistes révolutionnaires et à l’Association des Amis de Commune. Il séjourne en Espagne avec Youki où il rencontre Garcia Lorca.
1936 Desnos écrit un poème par soir et remplit ainsi des cahiers qu’il reprendra plus tard. En juillet, il réalise avec Alejo Carpentier une émission poétique et musicale sur le Poste-Parisien. Ce sera un grand succès. Il y aura rediffusion en 1937 et extension par une série d’émissions musicales.
1937 Desnos écrit les commentaires de Records 37, documentaire annonçant l’Exposition internationale Arts et Techniques.
En janvier, lors d’une soirée en hommage à Garcia Lorca fusillé en 1936 par les Franquistes, Desnos prend la parole. Il présente également, en juillet, le gala qui clôt le Deuxième Congrès international des écrivains pour la défense de la culture.
À partir de l’été et ce jusqu’en juin 1939, Desnos développe ses émissions de musique enregistrée présentées thématiquement.
En novembre, il écrit un chant en l’honneur des Républicains espagnols ainsi qu’une cantate pour la mort de Garcia Lorca.
1938 Desnos lance "La Clef des songes" qu’il présente lui-même sur le Poste-Parisien. Ce fut un grand succès. En juin, il lance Un quart d’heure de récréation émission qui met à contribution le savoir des auditeurs.
Il tient la rubrique des disques au journal Ce soir dirigé par Aragon et Jean-Richard Bloch.
1939 Desnos participe à la revue Commune et tient la rubrique discographique dans Europe.
À la déclaration de la guerre, il rejoint comme sergent le 436e régiment de Pionniers à Nantes. Son régiment sera cantonné en Lorraine, il fait fonction de comptable. Desnos sera profondément choqué par l’esprit défaitiste qui règne.
1940

Le régiment de Desnos est sur le front d’Alsace. Desnos sera fait prisonnier le 27 juin puis relâché après l’Armistice. Pour Desnos, Hitler et le fascisme restent les ennemis à abattre.

En septembre, Henri Jeanson et Robert Perrion fondent le quotidien Aujourd’hui dont ils espèrent maintenir l’indépendance. Desnos y est chef des informations. Jeanson est arrêté en novembre. En décembre, le quotidien tombe sous la coupe de l’occupant. Desnos devient alors courriériste littéraire.
Il pense à constituer un bilan poétique et relit ses cahiers de poèmes écrits en 1936.
1941 Le nom de Desnos se fait de plus en plus rare dans Aujourd’hui mais en tant que journaliste, il dispose d’un laissez-passer de nuit.
1942 Publication de Fortunes chez Gallimard. Le recueil couvre la période 1927-1937.
En avril, il gifle le journaliste fasciste Alain Laubreaux qui jouera un rôle déterminant dans l’arrestation de Desnos en 1944. En juillet, suite à la rafle du Vel d’hiv’, Desnos entre dans la Résistance dans le réseau « Agir » comme agent P2, chargé de mission de 3e classe. Il fournit des informations pour la presse clandestine et fabrique des pièces pouvant aider des membres du réseau et des israélites.
1943 Le vin est tiré… paraît chez Gallimard, puis État de veille chez Robert J. Godet. Desnos confie Contrée à Robert J. Godet, Le Bain avec Andromède aux éditions de Flore, Trente Chantefables pour les enfants sages à Michel Gründ et La Place de l’Étoile, remaniée, à Gaston Ferdière. Il achève Calixto et envisage un nouveau recueil, Sens.
Le 5 octobre, décès du père de Desnos.
Desnos obtient un carte de scénariste. Il a mis en chantier différents projets de scénarios.
1944 Desnos entame un Journal. Sortie du film Bonsoir mesdames, bonsoir messieurs de Roland Tual sur un scénario et des dialogues de Desnos et Jeanson.
Arrestation à son domicile le 22 février. 20 mars, départ pour Compiègne, il y restera jusqu’au 27 avril. 30 avril, arrivée à Auschwitz.
En mai, parution de Contrée avec une gravure de Picasso et de Trente Chantefables pour les enfants sages.
Le 14 mai, arrivée à Buchenwald et le 25 mai, arrivée à Flossenburg. Puis, Desnos faisant partie d’un groupe de 185 hommes, est acheminé au camp de Flöha en Saxe.
En novembre est publié le Bain avec Andromède. La revue Messages publie À la caille, six sonnets en argot signés Cancale.
1945 À l’approche des Alliés, le camp de Flöha est évacué. Plusieurs des prisonniers meurent d’épuisement ou sont abattus par les gardiens lors des marches forcées. Desnos arrive en mai au camp de Terezin en Tchécoslovaquie.
En juin, Desnos est reconnu par Josef Stuna et Aléna Tesarova qui soignaient les malades à Terezin. Le 8, Desnos meurt, atteint par le typhus, à 5h30 du matin.
En octobre, Paul Éluard prononce un discours à l’occasion du retour des cendres de Desnos. Le 24, cérémonie à l’église Saint-Germain-des-Prés et dépôt de l’urne dans le caveau familial au cimetière Montparnasse.
Parution de La Place de l’Étoile et de l’essai sur Félix Labisse.

 

(Les informations sont tirées de Desnos Œuvres, édition établie et présentée par Marie-Claire Dumas chez Quarto Gallimard, 1999)


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